Sabine Caprasse et L'Or dans les Souvenirs

Publiée le : 11/10/2021

La poésie et la musique partagent deux éléments primordiaux que sont les sonorités et le rythme. Alors pourquoi ne pas mettre en relation des musiciens et des poètes de la province de Luxembourg dans le but de créer une œuvre musicale originale ? Depuis 2019, c’est chose faite ! Le secteur des Musiques Amplifiées (www.lampli.be) et le Service du Livre Luxembourgeois (www.servicedulivre.be) ont uni leurs forces pour donner vie aux Poésicales, un projet de création musicale et littéraire qui réunit 4 groupes et artistes inscrits sur lampli.be avec 4 poètes de notre province. Nous vous proposons de découvrir au fil du mois un des 4 entretiens conduits avec les participants, à l’occasion de la présentation en live des 4 chansons à la Maison de la Culture Famenne Ardenne, lors du festival « Ouvertures ».

Artiste : L’Or dans les souvenirs - Texte choisi : «Son pays » de Sabine Caprasse

Jacky Carême, pourriez-vous nous expliquer vos habitudes de création en tant que musicien ?

Jacky Carême : Je compose toujours la musique en premier lieu, tout en improvisant des paroles en « yaourt ». Ce n’est que dans un deuxième temps que je me penche sur l’écriture du texte. Avec les Poésicales, l’exercice était inverse, ce qui m’a beaucoup plu. La chanson s’est créée instantanément. Parmi les textes proposés, j’ai choisi le plus court. C’était très épuré et très ouvert. J’ai fait un accord de guitare et toute la mélodie m’est venue d’elle-même. Ensuite, j’ai bien sûr dû arranger l’ensemble.

C’était donc une évidence…

JC : Oui, exactement. C’est la première fois que j’écris une chanson aussi rapidement ! J’étais aussi content que surpris parce que lire un texte et le jouer, ce sont deux choses complètement différentes, au niveau des sensations. C’était une véritable bonne surprise !

L’auteure Sabine Caprasse a partagé par écrit ses impressions sur la chanson. Elle dit ceci : J’ai été très émue. Jacky Carême a parfaitement exprimé en musique ce qui était en moi quand j’ai composé mes haïkus autant dans les arrangements musicaux que dans la mélodie et le grain de voix. J’ai ressenti profondément tout ce qu’apportent la nature, l’espace. Je souligne aussi l’excellent travail de Thomas Robert. L’illustration utilisée pour le fond vidéo -un paysage boisé dans la brume sous un soleil naissant- m’a beaucoup touchée. Si je devais résumer le projet par un mot, ce serait : Rencontres.

Jacky Carême, qu’en pensez-vous ?  

JC : C’est vrai que lorsqu’on a choisi le texte, on savait pas du tout ce que ça allait donner. Quand on compose un morceau, on a envie que ça plaise. D’habitude, la chanson doit plaire à un public, mais dans le cas présent, cela doit aussi convenir à une personne en particulier et on n’a pas du tout envie de la décevoir ! Le mot « rencontres » prend ici tout son sens.

Avez-vous donc ressenti une forme de pression dans le processus ?

JC : Une pression, non, mais l’envie et la volonté de bien faire, c’est certain. Il y a toujours un risque : la fameuse question des goûts et des couleurs ! J’ai pris le parti de composer une chanson pop-folk en espérant que ce style allait convenir.

Avez-vous échangé avec Sabine Caprasse ?

JC : Pas vraiment. Je lui ai juste demandé l’autorisation de choisir un refrain. En réalité, c’est lui qui s’est imposé à moi lors de mes premières improvisations musicales. Elle a marqué son accord, il n’y a pas eu ensuite d’autres échanges pendant le processus créatif.

S’agit-il d’un exercice contraignant ou inspirant ?

JC : En ce qui me concerne, c’était très inspirant ! J’ai toujours eu plus de difficulté dans l’écriture des textes. Je peux mettre un an, deux ans, trois ans à écrire des paroles avant d’en être un minimum satisfait. Pour la musique, c’est tout le contraire ! Ici, pour moi, c’est donc super chouette : je n’ai jamais été aussi vite pour créer une chanson !

Quelle est votre actualité ?

JC : Je joue avec le groupe rock « Billy Quintessence & Les Alchimistes » le 24 septembre aux « Pause Culture » à Arlon à l’ancien Blokker. Je joue aussi le 16 octobre au Centre Culturel avec le même groupe. Aujourd’hui, je représente « L’or dans les souvenirs » : ce projet va mélanger un quatuor de musique classique, de la musique électronique et de la pop folk en français. Je travaille avec mon ancien professeur du conservatoire de Esch-sur-Alzette qui réalise les arrangements des chansons. L’album sortira d’ici un an ou deux et sera enregistré à l’ICP Studio à Bruxelles. Il s’agit d’un concept album qui évoquera pas mal d’histoires, dont une qui traitera de l’ancienne usine d’Athus.