Motueka : l'interview

Publiée le : 03/09/2018

Vous les avez certainement croisés sur une scène de la région. Ces gars-là sont de tous les concerts, de toutes les initiatives et ce, depuis plus de 15 ans ! Un jour, ils ont monté Motueka, leur projet rien qu’à eux et qui leur ressemble. Ils sortent aujourd’hui un nouvel album intitulé « 94 ». Rencontre avec Manu (guitare-chant-claviers) pour une petite présentation express !

Quand on voit le line-up du groupe, on se dit que ça fait un peu « All star band », non ? Vous avez tous un certain « passé musical » dans la région. Comment le groupe s’est-il formé ?

Ouh là… « All star band », c’est assez présomptueux. Disons qu’on a tous joué dans des groupes qui ont pas mal tournés dans la province, mais aussi et surtout en dehors de nos frontières que ce soit Kontre2, Nervous Chillin, Noisy decade, Poison heart ou encore Hell-o-tiki. On a une certaine expérience de groupe depuis une vingtaine d’années et on a tous joué ensemble d’une manière ou d’une autre, dans l’un ou l’autre de ces groupes. On se connait donc depuis un petit temps. En 2015, après le split de Noisy Decade, Paolo (chant-guitare) et Thomas (batterie) se sont mis à la recherche de musiciens pour redémarrer un nouveau projet, c’est la que je suis arrivé. On a bossé pendant plusieurs mois pour donner une identité et une orientation musicale qui nous est propre, tout en essayant différents bassistes, mais cela n’a pas porté ses fruits. On a ensuite proposé à Thierry (basse) de nous rejoindre et le processus s’est accéléré. Nous avons donné un showcase au Park Music à Arlon en avril 2016, pour le « Disquaire Day », en guise de premier concert, on a ensuite sorti notre premier ep en octobre de la même. Les concerts ont réellement commencé en 2017, pas mal en Belgique, un peu au Luxembourg et aussi en Italie, aux Pays-Bas et en France, lors de notre première tournée en juin 2017.

Vous venez de sortir un nouvel album (présenté, notamment, le 7 septembre prochain à l’Entrepôt) mais Motueka est aussi un groupe live. On a l’impression que le live, c’est vraiment là où vous prenez votre pied…

Ecouter de la musique et vivre une performance musicale sont deux choses différentes ; l’énergie, l’atmosphère, le contact visuel… cela apporte un réel plus. Notre musique se veut introspective et joue sur les ambiances et les textures. On essaie de donner une dimension émotionnelle à tout ça. En fonction de l’endroit, de l’audience, de l’inspiration du moment, chaque concert est unique.

Alors, ce nouvel album, intitulé « 94 », présentez-le nous !

Cet album est une sorte d’hommage à la musique qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui en tant que musiciens. Nous avons été teenagers dans les années 90, commencé à jouer d’un instrument, formé des groupes, assisté à des concerts, etc. La démarche est venue de manière spontanée, on ne s’est pas dit : « on va faire un truc 90’s retro », c’est juste qu’au fur et à mesure de la composition de ces titres, cela devenait une évidence, encore plus pendant la phase de mixage où cela était flagrant. Le titre fait donc référence à l’année 1994. On a commencé à bosser sur cet album pendant les balances de certaines dates de la tournée de juin 2017, on a continué jusqu’en décembre, au moment de commencer l’enregistrement, qui s’est terminé en juillet 2018. On a pris le temps nécessaire pour enregistrer à notre rythme et essayer tout ce qui nous passait par la tête. On a collaboré avec François Dediste pour les sessions batterie, le mix et le mastering. Le reste a été fait dans mon home studio. Eros Giuggia, un saxophoniste de Turin, joue également sur un titre, il nous avait déjà accompagné sur un live lors d’une date en Italie. Dans ce disque, il y a tous les éléments qui définissent Motueka : une musique qui se situe quelque part entre le post rock et la noise avec des références 90’s.

Sortir un album, c’est une chose ; le promouvoir en est une autre. Quels vont être les prochains grands rendez-vous pour le groupe ?

Alors, le vendredi 7 septembre à l’Entrepôt à Arlon, on organise un concert avec Tuscoma (NZ), Mestre (Metz) et King Fu (Liège). Ce sera l’occasion de présenter notre nouveau disque. C ’est une soirée avec des groupes qui sont aussi très actifs dans la scène DIY, des gens qui partagent la même vision que la nôtre et qui nous ont aidés par le passé. Le groupe néo-zélandais est tout simplement un des meilleurs groupes live que j’ai vu ces dernières années, d’une intensité rare, malgré le fait qu’ils ne soient que 2 sur scène.
Ensuite on sera le samedi 8 à Metz au Château 404 et le jeudi 20 au Riveter à Nancy ; on a un mois de septembre sympa en prévision. Pour la suite, on continue à chercher de dates, on verra ce qui se présente. On essaie aussi depuis plusieurs mois de mettre sur pied un concept de projection/concert avec un réalisateur italien qui a produit un documentaire sur l’immigration italienne en Belgique…

Qu’est-ce qui, aujourd’hui, vous pousse à encore faire de la musique ?

La passion ! Faire de la musique a un coté addictif. Créer quelque chose, le travailler et le vivre en concert est quelque chose de fort. Il est évident qu’un groupe comme Motueka ne va jamais être en tête des téléchargements ou des écoutes en streaming ; c’est un projet complètement anti commercial de ce point de vue là. On essaie de faire un truc « honnête », qui nous ressemble. Avec le temps qui passe et les vies que nous menons, il n’est pas évident de trouver du temps pour se voir et faire vivre un projet comme celui-là. Quand tu as 20 ans, c’est moins compliqué qu’a 40. Mais on tient le coup, pas par nécessité, mais par envie.

Propos recueillis par Romuald Collard