Monte le son : Lambert Lambert

Publiée le : 14/03/2022

En réponse à la crise sanitaire, la Province de Luxembourg a lancé en juillet dernier, l’appel « Monte le son ». L’objectif est de soutenir la création et la diffusion des musiques amplifiées en permettant aux lauréats d’enregistrer deux morceaux en studio ou de réaliser un clip vidéo. Aujourd’hui, on « monte le son » pour Lambert Lambert, un artiste originaire de la région de Vielsalm qui nous présente son tout nouveau clip « Jouer ».

Votre parcours musical a débuté en 2013 avec Elle et Samuel, un groupe qui évoluait dans un univers plutôt sombre mais rempli d’énergie et d’espérance. Lambert Lambert s’inscrit-il dans cette continuité ou s’agit-il pour vous d’un nouveau chapitre musical ?

Lambert  Lambert s’est construit sur base de textes personnels, basés sur mon vécu, mes ressentis, mes émotions, tout comme « Elle & Samuel » et « Ici », en effet. On peut donc parler de continuité.
On a toujours eu tendance à associer un côté sombre à ces deux précédents projets, peut-être accentué par la musique. Pour ma part, j’ai toujours préféré me tourner vers ce côté « rempli d’espoir » et je pense qu’il est peut-être plus lisible avec Lambert Lambert, dans les textes sûrement mais également grâce à la musique, plus légère, avec une dimension électronique plus prononcée. On parlera donc de nouveau chapitre aussi d’autant je propose aujourd’hui un projet plus personnel encore, là où « Elle & Samuel » et « Ici » s’affirmaient davantage comme un groupe.

Au niveau rythmique, vous vous êtes associé avec le beatmaker Timothée Toussaint qui officie notamment dans 100 Crew et 100ème Orchestra. Qu’est-ce qui a guidé ce choix ?

A la base, j’avais réellement envie de tout faire tout seul au niveau musical mais j’ai assez vite galéré sur les parties rythmiques. Se tourner vers quelqu’un était donc un choix assez...pragmatique ! 🙂
Je connaissais Timothée. Lui et moi provenons de la même région. On ne peut pas dire qu’on se fréquentait énormément mais on se croisait de temps à autre à des concerts, des soirées, depuis de nombreuses années. Je le savais talentueux et sympathique ! Puis, je me disais que des rythmiques plus électroniques pouvaient coller à ce nouveau projet, pour lui donner, comme je le disais, un côté plus léger...moins rock en fait. J’ai donc proposé à Timothée de travailler sur un premier morceau. Ça a matché directement ! Je l’ai donc invité à travailler sur tous les autres et de rejoindre le projet, ce qu’il a accepté !

A l’écoute de votre musique on ressent un sens rigoureux de la mesure dans le texte, dans le rythme et dans votre approche visuelle également. Peut-on parler ici de rock indépendant minimaliste, de nouvelle chanson française ?

Merci ! On y travaille le plus sérieusement possible en tous cas, chacun (Timothée pour les drums et Jérôme pour les visuels)  amenant sa touche et sa pierre à l’édifice, sur base de mes textes et mélodies.
C’est toujours difficile de définir son projet et de le faire rentrer dans des cases. Il y a un côté minimaliste, c’est certain, mais de moins en moins rock je pense… Je chante en français mais avec peu de mélodies dans le chant. Je pense que ma manière de poser les textes est un élément important dans l’identité du projet. On ne peut pas parler de hip hop ni de slam mais cela ne renvoie pas à la chanson française, comme on l’entend généralement.

Vous avez joué à l’Atelier 210 dans le cadre des demi-finales du concours "Du F dans le texte". C’est déjà une belle forme de reconnaissance. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

On a été sélectionné parmi les 10 demi-finalistes du concours, sur 200 candidats. C’est en effet déjà une belle reconnaissance. Après, l’aventure s’est arrêtée là. On était forcément un peu déçu parce qu’on y a fait un bon concert et que, sans dénigrer qui que ce soit et sans prétention aucune, on n’avait pas l’impression d’être moins bons que les autres. Après, c’est le jeu évidemment et on en accepte le résultat, sans le moindre souci. Les goûts et les couleurs, les modes...ça ne se discute pas.
Je nous avais inscrits au concours simplement dans l’espoir de donner davantage de visibilité au projet, qui en est à ses prémisses. Dommage que l’on n’ait donc pas atteint la finale mais on était déjà très heureux de tous les très bons retours sur notre prestation à l’Atelier 210.

Grâce au soutien de l’appel provincial « Monte le son », vous venez de sortir « Jouer » votre dernière vidéo qui a été réalisé par Jérôme Hubert. Peut-on y voir la suite logique de « Rester » votre premier clip, sorti en 2021 ?

On a sorti « S’en foutre », un premier EP de 5 titres en 2021 et « Jouer » en est le 4e clip. Tous ont été réalisés par Jérôme Hubert. Il y a donc une certaine logique, celle de travailler avec Jérôme ! C’est une grande chance pour moi que de pouvoir compter sur lui ! C’est quelqu’un de très humble et qui est donc vraiment à l’écoute du morceau, des paroles et des intentions  Et c’est sans compter sur son talent incontestable pour la prise de vue  et le montage !
Comme tu le dis, pour «Jouer », on a eu la chance de pouvoir compter sur un appui financier de la Province, ce qui nous a permis d’aller plus loin dans la réalisation du clip. On a pris plus de temps pour se voir, pour discuter et approfondir le scénario. On a pu aussi se permettre la location de matériel technique plus pointu, de prendre plus de temps pour le tournage (même si on a tout bouclé en deux jours). C’est un soutien non négligeable !

Et votre plan de route pour 2022 ?

Notre objectif, ce sont les concerts maintenant qu’ils font peu à peu leur retour. Puis, on y prend de plus en plus de plaisir au fur et à mesure.
Après, je dois avouer qu’on n’a pas tout à fait de plan béton pour faire parler de nous. Idéalement, le premier plan serait de confier cette tâche à quelqu’un d’autre. J’aimerais vraiment pouvoir ne me consacrer qu’à la partie artistique du projet et laisser les aspects com’ et booking à quelqu’un d’autre. A bon entendeur…