Monte le son : Fulgence Berger

Publiée le : 15/10/2021

En réponse à la crise sanitaire, la Province de Luxembourg a lancé en juillet dernier, l’appel « Monte le son ». L’objectif est de soutenir la création et la diffusion des musiques amplifiées en permettant aux lauréats d’enregistrer deux morceaux en studio ou de réaliser un clip vidéo. Aujourd’hui, on « monte le son » pour Fulgence Berger, un artiste originaire d’Arlon qui nous présente son clip « Confinado » !

Sur votre bio, on peut lire que Fulgence Berger est né « du mélange entre Fulgence Bienvenüe, ingénieur du métro parisien, et George Berger personnage principal de la comédie musicale 'Hair' ». Pouvez-vous nous parler de ces deux personnages et de leur rencontre ?

Je suis allé me promener seul à Paris il y a une quinzaine d’années et pour un petit campagnard comme moi, ce n’est pas toujours facile de se retrouver dans l’ambiance de cette métropole. Je n’avais pas beaucoup de repères. Lors de mon séjour, je suis allé du côté de Montparnasse visiter le cimetière. Il pleuvait et j’avais un petit creux. Je suis tombé sur deux personnes qui vivaient dans la rue. Elles m’ont proposé de venir s’abriter avec elles dans une chapelle et ensuite de venir manger un bout en leur compagnie aux Restos du Cœur. Je suis ensuite allé à la rue de la Gaîté où j’ai trouvé les gens bien accueillants. Quelques pas, plus loin, j’ai vu cette inscription sur cette gare : « Montparnasse – Bienvenüe »… C’était donc le cas de le dire ! Je me suis donc intéressé à Fulgence Bienvenüe, cet ingénieur du métro parisien, pour en garder le prénom et finalement l’associer à celui de Berger de « Hair », film que j’ai vu pour la première fois vers cette époque. J’aime bien le personnage de Georges Berger, un Jésus des temps modernes, qui se retrouve au Vietnam à la place de son ami Claude. Un homme aussi très libre. Fulgence Berger vient donc du mélange entre un ingénieur et un hippie, très paradoxal…

Votre premier concert, c’était en 2011 aux Aralunaires à Arlon. Une décennie plus loin, quels sont vos souvenirs les plus marquants ?

Depuis 2011, je n’ai fait en tout que deux concerts, parce que je n’étais pas sûr que ce que je faisais était bien. Et le concert le plus marquant est celui du 1er mai 2011. Ça se passait à la rue des Martyrs, quelques maisons en-dessous de là où j’habite actuellement. La veille au soir, j’avais fêté un peu trop ! J’ai eu du mal à me lever. C’était rendez-vous le matin. Après un petit café, j’installe le matériel, dans lequel se trouvait mon Wurlitzer 200A. Impossible de l’allumer ! Le propriétaire des lieux est allé vérifier les plombs… Et là je l’allume et Boumm! Électrocution, et pas le genre petit coup de jus, mais plutôt l’arc bleu dans les yeux. Je me suis heureusement remis assez vite. Les gens sont ensuite arrivés et l’espace était bien rempli. L’endroit était très agréable et a contribué à une certaine magie.

Bossa nova, jazz et musique instrumentale, des ingrédients pas si courant que cela dans le paysage musical de notre région. Est-ce la marque de fabrique de Fulgence Berger ?

La marque de fabrique de Fulgence Berger est d’écrire des morceaux mélodiques et de se faire plaisir. J’écris des thèmes et c’est tout. Peut-être qu’il y aura un tango ou une marche dans le prochain album, pourquoi pas…

Vous êtes lauréat de l’appel provincial « Monte le son » et grâce à ce soutien vous venez de sortir « Confinado », un clip un brin nostalgique qui reprend une partie des ingrédients du cinéma à la Belmondo mais aussi à James Bond. Qu’est-ce qui a dicté ce choix ?

Et bien, j’ai revu justement cette année toute une série de films avec Belmondo, tournés dans les années 70. J’ai beaucoup ri sur « Le Magnifique ». Je reprends une scène où il se recoiffe en sortant de la piscine. L’atmosphère des James Bond est un peu là aussi… Les voitures particulières etc. J’avais également pensé à la série « l’Île Fantastique », j’aime bien cet univers étrange. J’aime beaucoup la période cinématographique des années 70, voilà tout. On avait discuté avec Clément Steffen au départ et je ne pensais pas faire cette chanson-là. Il m’a dit : « vas-y, on fait « Confinado » au bord d’une piscine »… Du coup, on a eu un peu de temps pour réfléchir et noter sur une feuille les ingrédients.

Et « Confinado », le titre de la vidéo ?

C’est une chanson que j’ai finalisée durant le confinement. Et vu que c’est de l’instrumental, les titres ne sont pas très importants, pourvu que ça sonne. J’ai choisi ce titre aussi pour faire allusion à « Desafinado » qui est un standard chanté par Joao Gilberto.

Votre clip a été réalisé par Clément Steffen et vous vous êtes entouré de musiciens biens connus dans notre région. Pouvez-vous nous les présenter ?

Clément est un caméraman réalisateur originaire de la région d’Arlon. Je l’ai connu sur la scène locale, et l’ai surtout rencontré quand j’ai dû composer une musique sur son film de fin d’études. Depuis il m’a invité sur le « Visioscope » où je chante seul accompagné de mon piano dans le grenier du cinéma de Musson, et nous avons travaillé sur d’autre projets comme un reportage sur les enfants et la santé mentale durant le confinement. Ce projet était mené par ma compagne Jeanne. Quant aux musiciens, il y a Thibauld Briquet à la guitare. On avait joué ensemble dans son groupe Lady F où je ne suis resté malheureusement que deux ans. Mais on est restés de bons amis. Il y a aussi Jacky Carême, le batteur. On s’est connus vers 2014. Il m’avait invité à jouer de la flûte et faire des chœurs sur son album de Billy Quintessence « de feu et de lumière ». Ensuite j’ai rejoint le groupe à la basse. A propos de basse, le bassiste de Fulgence est Karim Ben Ismaïl. Je l’ai rencontré il y a maintenant 10 ans lorsque j’ai créé mon groupe de cover des années 60. Je cherchais un bassiste et je le connaissais depuis peu. Je lui ai proposé de nous rejoindre et nous sommes devenus des bons collaborateurs. Deux musiciens se sont ajoutés sur l’enregistrement de l’album : Raymond Resibois et Julien Mary. Raymond a joué des percussions sur « Confinado » et sur « Ricky is on the top of the wave » et Julien a enregistré le solo guitare de « Confinado ». Julien et moi avions joué de 2002 à 2012 dans Taliesyn et j’avais eu envie de l’inviter.

Votre premier album 10 titres est annoncé en vinyle, c’est bien cela ? Un mot sur vos projets ?

L’album de Fulgence est déjà sorti ! C’est un très beau vinyle dont la pochette a été réalisée par Laurent Schoonvaere. L’enregistrement, mastering et mixage ont été fait par Lucas Serruya. Il y a 10 titres pour une durée de 40 minutes. Pour ceux qui n’ont pas de platine, il est disponible sur toutes les  plateformes somme Spotify, Deezer etc. Maintenant qu’il est sorti, je suis fier de le défendre en concert, mais les dates ne pleuvent pas encore. Il faut que je prenne un peu de temps pour faire de la promotion. Ceci-dit, le groupe a déjà joué à la Halle du Bouillon Blanc à Sensenruth il y a peu !