Monte le son : Florent Brack

Publiée le : 09/06/2022

En réponse à la crise sanitaire, la Province de Luxembourg a lancé en juillet dernier, l’appel « Monte le son ». L’objectif est de soutenir la création et la diffusion des musiques amplifiées en permettant aux lauréats d’enregistrer deux morceaux en studio ou de réaliser un clip vidéo. Aujourd’hui, on « monte le son » pour Florent Brack, pour son nouvel album "Faces" et son dernier clip "Forever Young".

Que de chemin parcouru depuis votre victoire à la 4e édition de The Voice en 2015. Quel regard portez-vous sur cette époque ?

J’ai l’impression que c’était hier et en fait pas du tout, le temps passe très vite pour le moment ! « The Voice », c’est un peu le début de toute l’aventure, c’est là que j’ai réalisé que je voulais faire de la musique et même créer ma propre musique, avec ma propre équipe. J’en garde un bon souvenir, ça reste une expérience dont je suis assez fier et qui reste dans un coin de ma tête quand je doute un peu, ça m’aide à me rappeler que tout est possible si on travaille assez ! Le projet a bien évolué depuis : c’est très satisfaisant de voir le chemin parcouru…

Afin de perfectionner vos connaissances musicales et votre anglais, vous décidez de vous inscrire à la British and Irish Modern Music (BIMM), une école de musique située à Brighton. J’imagine que cela a été un sérieux atout dans l’interprétation et la composition de vos chansons.

Tout à fait, c’était une étape très importante pour moi : changer de langue, de pays et commencer de nouvelles études c’était super intéressant. J’ai appris énormément de choses. Tous les cours étaient construits autour du monde de la musique : que ce soit la partie artistique pure mais aussi l’origine des styles et l’industrie musicale avec les parties plus techniques… C’était vraiment un programme assez complet qui permet d’y voir plus clair sur la manière de gérer ses projets. Même s’il n’existe aucune formule magique qui permette de réussir dans le domaine ; ces cours aident vraiment à avoir une vision plus globale de ce qui attend un artiste émergent. Et puis, outre le côté « scolaire » j’ai rencontré beaucoup de personnes qui sont encore actives dans mon projet et qui m’aident aujourd’hui. J’ai également vécu pas mal d’expériences, qui se retrouvent parfois dans mes textes, mais il vaut mieux ne pas tout raconter…

Votre premier album « Faces » reçoit un bel accueil critique et bénéficie de la sortie des deux très bons singles « I wanna know » et « Unstoppable ». Cet album, c’est également une aventure collective. Un petit mot sur l’équipe qui l’a produit ?

J’ai la chance d’avoir une équipe au top : des passionnés ! Chaque année nous accueillons de nouvelles personnes qui nous aident à développer le projet. Thomas Robert et Brice Plainchamp sont les 2 producteurs de "Faces" : je suis à la base des textes et des « top line », pour la plupart, mais pour tout ce qui concerne les productions, c’est leur travail et j’ai beaucoup de chance de les avoir avec moi. J’ai également 3 musiciens qui m’accompagnent sur scène : Samuel Paez à la guitare et à la basse, Simon Bouillon à la batterie et Hugues Pêcheur, au piano, qui est à la base des arrangements piano de Dawson road et « Leave this life ». Il y a également Audrey Delacroix, notre photographe qui réalise un travail énorme pour nous fournir des visuels super intéressants. A la sonorisation nous avons Florent Lamotte, notre ingénieur du son « live », qui est un des plus gros soutiens du projet. Arnaud Prégardien est notre ingénieur lumière et Bastien Courtain notre manager qui s’occupe de nous représenter et nous conseiller. Florian Chamberland, qui a réalisé les clips de l’album, "Com as you are" qui s’occupe de toute la partie « attaché de presse », notre label Milk Shake, notre éditeur Triple Double et toutes les personnes qui interviennent dans la création … C’est en faisant le compte de toutes les personnes impliquées dans le projet que je me rends compte que celui-ci a déjà bien évolué !

Votre dernier clip « Forever Young », lauréat de l’appel provincial « Monte le son », évoque « le temps qui passe, mais également l’importance de vivre pour soi et non pas uniquement à travers le regard des autres ». Qu’entendez-vous par là ?

On passe beaucoup de temps à maintenir une image pour correspondre à ce que les autres attendent de nous. On cache ses faiblesses, par peur de jugement ou de rejet, on s’excuse mille fois, on ne dit rien par peur des réactions… Les personnes ne se dévoilent plus très facilement ! L’exemple marquant je trouve, dans notre société, est cette capacité à répondre « super » ou « très bien » machinalement quand on nous demande « Comment ça va ? ». Ce n’est plus une vraie question, c’est une sorte de contrat social qui est devenu tellement habituel que l’on ne fait même plus attention ni à la question, ni à la réponse. On répond ce que l’autre veut entendre, c’est tout, par habitude. Je trouve que l’on réagit, de plus en plus machinalement. Je n’essaie pas d’être moralisateur en disant cela, je suis le premier à le faire, mais en réponse à cette pensée qui me traverse parfois l’esprit, j’ai écrit Forever Young : cette chanson parle d’une personne qui se fiche de toute parce qu’elle vit pour elle, sans filtre. Mais là, où l’on pourrait y voir de l’égoïsme, j’y vois la spontanéité rassurante de quelqu’un qui fait passer ses idées sans se soucier des critères de politesse que l’on peut parfois utiliser entre nous. Je vous avais dit que j’étais un peu tordu ou pas ?

Au rayon « bonnes nouvelles », on peut annoncer la signature avec le label Milkshake. Quels sont vos projets pour cette deuxième partie d’année ?

Oui, on rejoint l’équipe Milkshake ! Les objectifs pour cette deuxième partie sont de monter sur scène au maximum pour présenter "Faces" en live. On a été privé de scène pendant deux ans et c’était vraiment très long … Je suis pressé de recommencer à jouer régulièrement ! Nous avons un tout nouveau show beaucoup plus riche et j’ai hâte de recueillir les réactions de notre public ! J’ai aussi 2 – 3 petites surprises qui arriveront cet été ….
Je suis également occupé de réfléchir à la suite de "Faces" afin de définir ce que j’ai envie de vous présenter dans le prochain gros projet… mais ça je le garde pour moi pour le moment et ce n’est pas pour tout de suite.

Avec The Brack Brothers, la musique est plus que jamais chez vous une affaire de famille. Reverrons-nous le groupe sur scène ?

Oui, j’avais un groupe avec mes deux frères, Julien (le plus petit) à la batterie et Lionel (le plus grand) à la guitare, c’était très chouette ! On interprétait des « covers » et on s’amusait bien, j’ai beaucoup de bons souvenirs, c’est là que j’ai fait mes armes ! Nos objectifs ne sont pas les mêmes et donc nous avons mis fin au groupe afin que chacun puisse s’épanouir dans ses propres projets. Je ne crois pas que nous le reformerons, nos attentes sont assez différentes mais comme il ne faut jamais dire jamais ….