Lockdown calling - Thomas Robert

Publiée le : 28/05/2020

Ils ont beau être confinés, les acteurs musicaux de la province de Luxembourg n’en restent pas pour le moins actifs ! Compositeurs, organisateurs, musiciens, artistes,… on a eu envie de savoir comment se passait « leur » confinement. Aujourd’hui, c’est Thomas Robert, compositeur génial et touche-à-tout ultra-doué qui nous raconte…

Thomas, tu fais quoi, toi, pendant le confinement ?

Je partage mon temps entre le boulot, la vie de famille et mes activités artistiques.  Je suis éducateur spécialisé en SRJ (Service Résidentiel Pour Jeunes), où sont placés des enfants et des adolescents en situation difficile. Les jeunes sont confinés dans notre institution depuis plus de deux mois sans sorties, sans contacts familiaux... Du coup, la présence des professionnels autour d'eux est plus que jamais primordiale.

As-tu été surpris du succès du morceau « Tout ira bien » ; morceau que tu as créé avec tes enfants ?

A la maison on a tous été surpris. Au départ, on voulait simplement s'amuser un peu et profiter de la chanson pour faire coucou aux copains de classe de mes enfants. En quelques heures, la chanson est devenue complètement virale... Après deux mois, je pense qu'on frôle les 800 000 vues cumulées. C'est incroyable. On reçoit des messages d'un peu partout : France, Maghreb, États-Unis, Mexique... J'en profite pour montrer aux enfants ces lointains pays sur le globe, ça nous fait un peu voyager...

Après, tu as enchaîné avec Pandémie Records ; tu nous racontes le principe ?

L'idée vient de Pierre Brozak, chanteur gaumais de « La Solution ». Il a voulu transformer le moment difficile du confinement en occasion de création, de musique partagée et de camaraderie. Très vite, d'autres musiciens ont suivi le mouvement. En ce qui concerne le « Pandémie Records Band » auquel j'ai prêté mes services, c'est Xavier Giunta, batteur du groupe punk « Your Wild Years » qui m'a contacté pour enregistrer ensemble quelques reprises.  Comme les cinq musiciens à qui il a pensé ont du matos de studio, chacun a pu enregistrer ses parties chez soi et en a profité pour se filmer. A la suite de quoi, Xavier et moi avons mixé et masterisé l'ensemble. J'ai enfin monté les images pour sortir un clip pour chaque morceau. Tapez « Pandémie Records » sur YouTube, ça vaut le détour !

« No Culture, no Future », ça t’interpelle ?

Il est clair que la culture est souvent la cinquième roue du carrosse. C'est malheureux mais je pense que c'est symptomatique du monde tel qu'il va : le partage, l'écoute de l'autre, la solidarité ne sont pas des valeurs dans l'air du temps. Mais c'est une occasion à saisir justement. Dans cette période trouble, je pense que beaucoup ont pris du recul sur la frénésie consumériste, individualiste et sont revenus à plus de simplicité, de proximité, d'entraide. Et la culture aura ce rôle à jouer pour la suite. Qui mieux qu'elle peut nous proposer des moments de communion, de fraternité ? Qui d'autre peut nous faire réfléchir à ce qu'on fera de demain ?

L’album à écouter durant le confinement ?

Avec le Pandémie Records Band, je suis d'une certaine façon revenu à mes premières amours : les guitares électriques et les tempos endiablés. J'ai proposé aux copains une chanson de Bad Religion de l’album « The gray race », sorti en 1996. Ça ne me rajeunit pas... J'ai écouté l'album en boucle. Étrangement, les textes sont très actuels dans la façon dont ils abordent le pouvoir de l'argent, le manque de compassion, la lutte des uns contre les autres... Je le conseille à tous !

Propos recueillis par Romuald Collard.