Léa Pochet : l'interview

Publiée le : 01/12/2020

Léa Pochet se rappelle à notre bon souvenir avec la sortie de « Livin’ in sin », nouveau single imparable. Rencontre avec celle qui ne passe pas un seul jour sans écrire, dessiner ou jouer de la musique… et qui n’a pas fini de nous surprendre !

Léa, « Livin’ in sin », ton nouveau single vient d’arriver et on sent une artiste plus sombre, plus rock mais aussi plus femme, non ?

Je ne me rends pas spécialement compte de ma propre progression. Je « vis » musique depuis que je suis petite et mes compositions ont gardé un même esprit. J'ai toujours eu un univers assez sombre qui me sert d'exutoire dans mes moments de doutes. Ecrire ses maux, c'est libérateur. J'aime autant composer des ballades toutes douces que des chansons plus enragées et rock comme celle-ci. Je me laisse guider par mon inspiration et les émotions qui collent le plus à l'ambiance du titre. C'est assez drôle de souligner le côté « plus femme » puisque j'ai créé « Livin' in sin » à 19 ans… même si j'ai attendu d’en avoir 22 ans pour l'enregistrer et le concrétiser. Je suppose que j'arrivais dans cette fameuse transition de jeune adulte et que cela a pu se ressentir dans l'évolution de ma composition. Les images rajoutent aussi une certaine symbolique et je me libère sûrement davantage que dans mon premier clip « Stop now ». Puis, c'est globalement ce que souligne le single : les dérives de l'amour et de la sexualité, les émois qu'on ressent à partir d'un certain âge. « Livin' in sin », c'est la transcription d'une relation compliquée, déchirée, impossible ou interdite. A chacun son interprétation du texte selon son vécu ou son imagination. C'est une vraie danse avec un(e) partenaire qui nous tue autant qu'il/elle nous rend vivant(e), avec des émotions contraires qui s'entrechoquent sans cesse. Et si pour être heureux, la seule solution était de tenter le Diable ?

Le groupe s’appelle Léa Pochet & the Confused ; rappelle-nous un peu qui sont les « Confused » ?

Les Confused, ce sont de talentueux musiciens qui participent à mes projets. Selon les envies et disponibilités de chacun, je me fais accompagner par des batteurs, bassistes et guitaristes qui permettent d'étoffer mes compositions brutes et leur apporter une toute autre dynamique super intéressante. Je suis très heureuse de jouer avec d'autres artistes, c'est plus motivant d'être accompagnée sur scène ou en studio. C'est important de vivre l'aventure musicale à 1000%. J'ai autant besoin de me retrouver face à moi-même lors de concerts solos que de partager mes joies avec d'autres personnes. Et c'est d'autant plus plaisant quand on est sur la même longueur d'ondes d'un point de vue humain, musical et amical.

C’est comment une « journée artistique type » dans la vie de Léa Pochet ?

C'est le bordel ! (rire) Je peux penser à mon art en cours, dans ma chambre ou dans un train. L'inspiration est extrêmement aléatoire. Ça peut m'arriver de ne rien écrire de transcendant pendant plusieurs mois et enchaîner trois compositions en une semaine. Sinon, il ne se passe jamais un jour sans faire de musique, prendre des photos, dessiner ou tout autre acte qu'on qualifierait « d'artistique ». Ma journée « type » se résumerait à penser que je dois absolument travailler pour l'université et finalement me retrouver avec ma guitare ou mon piano à jouer des mélodies pendant des heures. Si mes parents me cherchent dans la maison, ils n'ont qu'à tendre l'oreille, je ne suis jamais loin.

La province de Luxembourg, tu l’as traversée de haut en bas et en travers ; quel a été ton meilleur souvenir de concert d’un point de vue local ?

J'ai commencé la scène quand j'avais 16 ans et ai pu faire plus d'une centaine de concerts, avec des moments incroyables qui me marqueront à vie. Un live, ce n'est pas qu'une heure où on joue nos compos, c'est une rencontre magique (organisateurs, amis, public..), un instant de puissance et de liberté indescriptible, une ambiance dans chaque endroit. Je pourrais parler de mes passages à L'Entrepôt à Arlon et la convivialité du lieu, ma première partie pour l'incroyable BJ Scott au Centre Culturel de Bastogne avant même que je ne participe à The Voice, le côté festif et amical du LoS Rock Festival, la Fête de la Musique d'Izel qui était extraordinaire et tant d'autres dates encore…
Me demander de choisir, ce serait m'interdire de penser que chaque concert a été « le meilleur » à sa manière. Du coup, je demande un joker !

Tu dois partir sur une île déserte et ne peux emporter qu’un seul album ; tu prends lequel ?

Je pense que je prendrais « When we all fall asleep, where do we go ? » de Billie Eilish, co-écrit avec son frère Finneas. Je l'ai découverte il y a un peu plus d'un an, je suis tombée amoureuse de ses chansons et son univers peut faire écho au mien. Elle est tellement diversifiée que je ne peux que m'amuser… même seule sur une île (rires). Je vais avoir de quoi danser, sourire et pleurer.
Cela dit, la question était hyper compliquée puisque j'écoute et suis fan de nombreux artistes aux styles musicaux complètement opposés : The Pretty Reckless, Balthazar, Pomme, Cœur de Pirate, Orelsan, Aurora, Listener, Daughter, Birdpen, Yungblud, Radiohead, Fauve, Slint, Ludovico Einaudi, Finneas, Tom Odell, etc... ainsi que beaucoup de groupes « locaux » : Zëphyr, Atum Nophi, ICI, Thyself, Jakbrol, Glauque, Milo Meskens …

Propos recueillis par Romuald Collard.