Josef Out : l'interview

Publiée le : 02/03/2020

Énigme musicale, groupe/projet un peu barré, somme d’individualités expérimentatrices,… Josef Out est un groupe unique en son genre ; de ceux qu’on ne rencontre pas tous les jours ! Les classer serait difficile, les étiqueter probablement impossible ! De toute façon, les étiquettes, ils s’en moquent pas mal ! Rencontre avec « l’ovni musical » de la Province de Luxembourg !

On trouve encore assez peu d’infos sur le groupe ; vous nous le présentez en quelques lignes ?
On se connait depuis des années… Nous sommes issus de Virton et ses alentours. On a tous traîné autour d’Ouragan sur la Gaume, dans les années 90 et de Quai Kultur, plus tard. Certains gravitent également, de près ou de loin, autour du collectif artistique Balaclava (à Virton, encore). Chacun a fait son chemin musical ou artistique dans divers projets.
Nous n’avions jamais eu de projet commun ; on a eu envie d’essayer quelque chose… sans aucune prétention. À la première répète, on pensait que Jean-K allait venir avec son sampler mais il a pris une groovebox contenant ses boucles de délires musicaux personnels !
Exit les envies rock du début : une autre alchimie prenait vie entre nous et c’est tout naturellement qu’on s’est laissé aller vers ce style (qu’on a bien du mal à définir).
Après quelques mois de répètes et de (très) longues improvisations, un petit set a commencé à prendre vie, composé uniquement de nos propres productions. On s’est testé en live, lors d’une résidence, pour préparer un premier petit concert le 10 novembre 2019 (à Han, pour le CNCD 11.11.11). Depuis, on bosse sur de nouveaux morceaux et on fait tourner le set existant…

Au niveau des influences (ou des références), si je cite Sonic Youth, Diabologum ou, plus proche de nous, Fauve ; est-ce que je suis dans le bon ?

Oui et non. Les influences sont vastes, individualisées et non contrôlées. La genèse du projet est encore en germination et nous ne cherchons pas une direction précise. On verra comment la plante grandit. Ceci est valable pour le projet global et pour chaque morceau pris individuellement… Chacun apporte sa propre pierre à l’édifice.

Chanter en français, ça a toujours été une évidence pour vous ?
Composer et chanter en français, dans sa propre langue, c’est plus intime, même en version rock atmosphérique… Sarah écrit ses propres textes et les laisse se transformer au gré de la musique et des inspirations…

Comment se construit une chanson chez Josef Out ?
Sarah a toujours un ou deux textes planqués en réserve dans les poches ! Niveau musique, encore faut-il que le bassiste branche ses pédales et je vous assure que cette action fait entièrement parti du processus ! (rires)
Dans le set actuel, on commence par balancer des délires de boucles issues de la groovebox… Une fois la séquence lâchée, on se lance dans de longues improvisations chant-guitare-basse-batterie et Jean-K triture les sons du séquenceur ; l’enregistreur étant toujours en train de tourner. On prend la semaine pour écouter ces impros et on trie. On garde en partie, on jette, on y reviendra, ou pas. Parfois, la magie opère directement et le morceau se construit très vite ; parfois, on se triture les méninges des heures pour structurer quelque chose. Ou encore, on abandonne et on repart à zéro, sur une autre ambiance… Tout ça permet de construire le squelette du morceau et, sur cette base, on bricole les arrangements et on adapte la structure.

Entre une programmation à Dour, une BO de film et un remix de Steve Albini, vous choisissez ?
Sans hésiter, la BO ! Ce serait un beau défi et une belle contrainte de devoir s’inspirer d’une histoire visuelle pour composer…

Que peut-on vous souhaiter pour les mois qui viennent ?
D’avoir suffisamment de temps et d’idées pour emballer le set actuel en vue des 2 ou 3 dates prévues (mais une seule confirmée jusque maintenant, à Quai Noël, le … 25 décembre 2020 !). Il n’y a pas le feu ; on préfère faire peu de dates mais des belles, bien préparées. On kiffe surtout de jouer ensemble, de partager ces rendez-vous hebdomadaires et de sentir les vibrations quand l’improvisation s’envole. Faire des concerts, c’est la cerise, le petit plus… mais pas nécessairement la finalité. On ne serait pas contre, non plus, d’aller immortaliser le travail accompli en studio… On verra plus tard…

Propos recueillis par Romuald Collard.