Isidore and The Protectors : l'interview

Publiée le : 01/06/2019

« Je n'ai jamais aimé être catégorisé dans un style précis… parce que la musique que j'aime est libre et non codée ! » En une phrase, Clément Steffen, tête pensante du groupe Isidore & The Protectors, impose son point de vue ! Émouvante, poignante et pourtant pleine d’espoir, sa musique est une vraie thérapie pour petits bobos du quotidien ! Rencontre avec un mec qui a tout compris…

Faisons tout d’abord les présentations… Qui est Isidore ? Et pourquoi le groupe ne s’est-il pas appelé Clément & The Protectors ?

Isidore est le prénom de mon grand père. C'était un homme charmant et rempli d'humour pour lequel j'ai toujours beaucoup d'affection et de respect. En plus du lien de sang, il y a une connexion spirituelle entre lui et moi. C'est cette connexion avec « l'Au-delà » que je voulais mettre en avant. La chanson « The Protector » parle d'ailleurs de la guidance qu'il continue à m'offrir aujourd'hui. Je ne vois pas vraiment de sens à donner mon propre nom au projet.

On a l’impression qu’avec ce nouveau projet, tu te mets complètement à nu. Je me trompe ?

A la base, c'est l'envie d'écrire qui m'a poussé à créer ce projet. Je voulais aussi me remettre à mon instrument de cœur, le piano. Je tenais aussi à exorciser certaines expériences de vie… des traumatisantes et des très belles aussi ! Certains textes sont encore très sensibles pour moi. Je revis des périodes de ma vie à chaque fois que je les chante. Plusieurs thèmes sont abordés : le manque affectif, l’éternité dans une après-vie, des moments d'amour très profonds et purs, la communication entre le monde des défunts et le nôtre, la perception du temps,…
Alors que ces thématiques sont parfois lourdes et mystiques, j'y incorpore de l'espoir, de la lumière et des couleurs. Au final, la vie est cyclique et après chaque période d'ombre, la lumière revient ! Oui, je peux dire que je me mets à nu avec ce projet. Il y a quelques années, j'étais plutôt pudique… mais je me suis rendu compte que j'adorais me mettre à poil !

Quelle place occupe le jazz dans ce projet et quelle place occupe-t-il dans ta vie de tous les jours ?

J'ai beaucoup de chance de pouvoir jouer avec de tels musiciens… Alors que Noé (clavier) et moi avons baigné dans la musique alternative, Antoine (batteur) et Lucas (contrebasse) viennent plutôt du jazz et du folk. C'est une expérience magnifique de pouvoir synchroniser nos univers. En ce qui concerne Isidore & The Protectors, j'utiliserai plutôt le terme « jazzy ». J'aime beaucoup l'ambiance organique et vivante de cette musique mais pour être honnête, à part quelques exceptions, je n'en écoute pas spécialement chez moi.

Tu as fait partie de plusieurs groupes ; c’était quoi, le point commun entre tous ?

La musique avant la gueule ! Je dirais que la créativité et l'honnêteté sont deux points communs entre tous mes projets. Je n'ai jamais aimé être catégorisé dans un style précis parce que la musique que j'aime est libre et non codée.

Le 23 juin prochain, le groupe sera à l’affiche de la Fête de la Musique d’Izel. Comment arrive-t-on avec une musique si mélancolique à captiver un public qui vient surtout pour passer une journée sous le soleil ?

En espérant qu'il pleuve de 13h20 à 14h00 ! (rires) Allez, tous le monde à l'intérieur ! Maintenant, je pense que le public de la Fête de la musique d’Izel est réceptif et ouvert d'esprit. Comme dit précédemment, derrière cette mélancolie, il y a beaucoup d'amour et d'espoir. Peut-être même que des couples vont se former durant le concert d'Isidore and The Protectors ! (rires).