HEY MO! : l'interview

Publiée le : 06/08/2021

Hey Mo ! est le projet de Morgan Kopeinig, autrefois dans Average Joe, Naked Legs ou encore Dixit Rapsat. C’est dire si le garçon sait manier la guitare ! Sauf que, cette fois-ci, c’est seul qu’il revient, sa guitare toujours en bandoulière, et en profite pour faire ressortir toutes ses influences punk. Et puis… il y a « Summer »… Rencontre !

Donne-moi 2 avantages et 2 inconvénients à être en solo ?
Le premier avantage, bien sûr, c'est les répétitions ; c'est quand j'ai envie et où j'ai envie (parfois, je vais me poser sur un banc à l'orée du bois)…
L'autre avantage, c'est que je ne dois ni partager mon cachet, ni mes tickets bières (rires).
En ce qui concerne les inconvénients, je te dirais que ce qui me manque le plus, c'est cet esprit d'équipe, de camaraderie que l'on retrouve quand on est en groupe avec des potes. Ce sentiment, avant de monter sur scène, qu'on va tout déchirer.
Un deuxième inconvénient, si je suis seul à un concert, c’est qu’il n'y a personne pour faire le "Bob" et pour porter le matos. Il me faudrait un roadie en fait, ce serait parfait.

Dans les reprises que tu fais, on voit pas mal de groupes de punk ou de rock (Social Distortion, Rancid, Green Day,…) et au milieu de tout ça, Johnny Cash !
C'est vrai que ça peut paraître étrange, mais ce qui me parle dans Johnny Cash, c'est qu'il est éternel ; ses textes et sa musique peuvent autant être considérés comme du blues, du rock, et même du punk ! C'est cet esprit de provocation, de protestation qui me plaît chez lui. L'homme en noir, je suis un peu comme lui, je n'écris que des chansons tristes et sombres, ce qui me ramène bien souvent au blues, au spleen,… ce sentiment que rien ne va, que rien n'ira jamais, que tout est merdique et absurde.

…et on arrive à « Summer », ce premier morceau original ! Tu nous en parles ?
Cette chanson, je l'ai écrite il y a quelques années déjà, mais elle n'était pas bien structurée ; c'était un peu le bordel entre les couplets non achevés et le refrain qui ne sonnait pas comme je le voulais. Alors que je passais un peu de temps avec mon pote, Thomas Robert, il a trouvé que ce morceau était prometteur. On s'est vus à son studio, on a retravaillé les textes et les arrangements, et on a fini par enregistrer. Petit à petit, je me suis rendu compte que cette chanson était vraiment bien foutue, qu'elle avait quelque chose de très populaire, de rassembleur ; d'ailleurs, nombre de mes potes l'ont en tête toute la journée après l'avoir entendue.
" Summer", c'est un peu ma carte de visite, même si, évidemment, sur scène je suis seul. Mais c'est cette mouvance folk punk rock vers laquelle je me dirige pour le moment et qui me plaît. Vivement la prochaine collaboration avec Thomas, car il m'a aidé à tirer le meilleur de cette compo, je ne le remercierai jamais assez.

Tu peux accompagner un artiste/groupe belge en tournée à la rentrée ; tu choisis qui ?
C'est une question très difficile, parce que déjà, faire une tournée, ce serait dingue… mais avec qui ? Je n'écoute pas ou très peu de musique "mainstream" , je suis presque incapable de te citer un artiste belge avec qui je voudrais jouer. En fait ,en y réfléchissant bien, ce qui me plairait, c'est de jouer avec des potes, des locaux. Du coup, je dirais que j'aimerais tourner avec Little Roman (Romain Trigaux), guitariste chanteur des Redemption Colts et des Dirty Cover Cats. Parce que, à chaque fois, on passe de bons moments, de bons délires, entre gaumais. Et que ces mecs jouent du rock n roll, et que, comme moi, ils viennent du punkrock, du hardcore et du skate punk. J'embarquerais bien Pierre Brozak de La Solution avec moi aussi, parce qu’il joue et chante avec ses tripes, et qu'il peut transformer des soirées nazes en soirées épiques rien que par son charisme ! Du local, des potes, du rock n roll…

Tu pars sur une île déserte et tu ne peux prendre qu’un seul album, lequel choisis-tu ?
Je prends « The Decline » de NOFX. Parce que c'est NOFX… et puis, parce que c'est une performance, une chanson de 18 min de pur punk rock californien à 200 bpm, je ne m'en lasserai jamais, je deviendrais fou avant…

Propos recueillis par Romuald Collard.