Guillaume : l'interview

Publiée le : 01/11/2020

Si la musique de Guillaume transpire la mélancolie, elle n’en reste cependant pas moins prenante… pour qui sait prendre le temps de l’écouter et la comprendre.  Originaire d’Arville, rencontre avec un jeune homme passionné et passionnant qui s’est décidé à faire tout lui-même !  Rencontre !

Dans ta bio, tu dis que « l’écriture et la composition sont, pour moi, un exutoire, un défouloir » ; pourquoi ne pas avoir faire du punk-rock, du coup ?

J'apprécie effectivement les groupes punk-rock, qu’ils soient anglophones ou francophones. J’aime depuis toujours l’énergie brute de ce genre de musique, et du rock en général. Dans ce projet, je me suis écarté du rock car je voulais une rupture avec mon projet précédent HYSTK (Have you ever seen the king), dans lequel nous jouions des musiques inspirées des groupes grunges des années 90.
Ici, mon exutoire/défouloir ne se trouve plus dans l’acte de jouer dans l’énergie libérée sur scène ou en répète mais dans le fait de poser sur papier mes états d'âmes, mes frustrations ou mes petits bonheurs. De plus, avec les contraintes que je m’impose dans ce set (live looping sans bandes préenregistrées et sans instruments numériques), je dois rester constamment concentré pour être le plus précis possible lors de l’enregistrement, les coupures, les overdubs des loops. Cela demande beaucoup de concentration lors du live et m’empêche de partir dans la “folie” du punk.
Toutefois, comme on ne se refait pas, certaines de mes chansons plus récentes reprennent des sonorités plus lourdes, des riffs de guitares plus typés rock.

Tout, dans ta musique, semble être lié à la mélancolie ; rassure-nous, tu as aussi des moments plus joyeux, j’espère…

Oui, je suis d’un naturel joyeux et positif, je suis plus du genre à marcher “on the sunny side of the street” comme le dirait Leroy Holmes.
Toutefois, j'ai un amour particulier, et depuis très longtemps, pour des musiques comme “Exit music” de Radiohead, les chansons de Mano Solo, de Vic Chesnutt… Sans me comparer à ces grands artistes, j’avais envie, pour ce projet-ci, de me diriger musicalement vers ces univers.

Ce style de musique demande une écoute relativement attentive ; en concert, comment vas-tu t’y prendre pour arriver à « accrocher » le public ?

C’est clair qu’ici on est loin des pogos ou du frémissement d’arrière-train...
Mais je pense que le fait que de jouer tous mes instruments de façon encore “artisanale” rend le spectacle intéressant. Je me retrouve régulièrement durant le set à jouer mes percussions (grosse caisse – caisse claire) au pied tout en jouant de la guitare et en chantant. Je n’ai pas encore les colombes et les feux d’artifices de Rémy Bricka mais j’espère que, visuellement, cela vaut déjà le coup d’être regardé.
Et puis, par-dessus tout, je pense que mon set vaut la peine d’être écouté. Si j’arrive à voir quelques oreilles qui se tendent, quelques poils qui se hérissent, personnellement, j’estime avoir gagné !

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Pour l’instant, les projets de concerts se font et s’annulent aussitôt. J’ai vraiment hâte de pouvoir retourner sur scène de façon plus “normale”. Toutefois, il me reste une date prévue dans les Vosges (Étival-Clairefontaine à Gérardmer), le 21 novembre.
J’ai également quelques chansons en cours de mixage qui devraient être prêtes à la diffusion d’ici quelques temps.

Tu pars sur une île déserte et tu peux prendre 3 albums avec toi ; lesquels choisis-tu ?

C’est la question la plus compliquée. J’aime trop de styles de musique différents pour pouvoir me contenter de 3 albums... Et franchement, si je dois partir sur une île déserte et que j’ai le temps de choisir 3 albums, j’utilise ce temps là pour faire 3 mixtapes... Mais je ne vais pas tricher… alors je crois que je prends : “Young team” de Mogwai, “El Camino” des “Black Keys  et “About to choke” de Vic Chesnutt.

Propos recueillis par Romuald Collard.