Florent Brack : l'interview

Publiée le : 01/10/2020

Musicien passionné, personnage atypique et touchant, Florent Brack suit, lentement mais sûrement, un plan de carrière, débuté avec sa victoire à l’émission The Voice.  Avant la sortie d’un tout nouveau morceau bien dans le style folk, il prend le temps de faire le point avec nous sur tout ce qui lui est arrivé depuis quelques années…  Rencontre !

Florent, nous allons découvrir très prochainement « Mr. Paperman », un nouveau titre très Dylan, finalement.  Dylan, c’est une référence pour toi ?

J’ai toujours apprécié les ballades folk, donc on peut dire que oui, Dylan est une référence. J’aime l’univers et la force tranquille qui se dégagent de ce type de chanson, une mélodie anodine avec un texte pas si anodin que ça et qui nous pousse à la réflexion.

On t’a vu également aux côtés de Goldaze, autre artiste de la région mais dans un style plus électro ; Florent Brack est donc quelqu’un d’assez ouvert, musicalement parlant !

J’adore varier les styles, je trouve ça enrichissant. J’aime autant Bob Dylan, pour reprendre votre exemple, que Kygo ! Je suis persuadé qu’il y a systématiquement de bonnes choses à retirer de chaque style. Beaucoup de gens essayent de ranger la musique par genre, je trouve que c’est une erreur, mes artistes préférés sont des artistes qui arrivent à marier beaucoup d’univers différents tout en gardant leur patte.

On peut dire que ton début de carrière est plutôt atypique : une victoire à The Voice, un groupe formé avec tes frères, des hauts, des bas,…  Est-ce qu’aujourd’hui, tu y vois un peu plus clair ?

Sans doute assez atypique en effet ! J’ai appris beaucoup de choses sur The Voice (gestion du stress, techniques, médias, …). J’étais le plus jeune alors on n’attendait pas spécialement quelque chose de moi, j’ai vraiment pu me ‘’mettre dans un coin‘’ pour observer et apprendre des plus expérimentés. Après ça, j’ai été ravi de pouvoir créer ce groupe avec mes frères, cela m’a aidé à travailler ma gestion de la scène et du public tout en me créant des souvenirs impérissables. J’ai également utilisé tout ce temps pour mûrir le projet que je présente aujourd’hui. Il m’a fallu apprendre à écrire, à composer, à collaborer, à communiquer via différents médias et j’ai dû créer mon équipe de travail. Tout ce processus prend du temps. Aujourd’hui, je me sens prêt pour passer à l’étape d’après.

En 2016, tu pars pour l’Angleterre et intègre la BIMM (British and Irish Modern Music), une école de musique réputée ; que retiens-tu de cette expérience ?

L’anglais, ça parait logique mais c’est primordial. J’ai appris à mieux comprendre et utiliser cette langue que j’adore. Je ne suis pas encore parfait mais j’apprends tous les jours. Cette école m’a aussi permis de bien visualiser les aspects du travail d’artiste musicien. J’y ai également appris à être plus sûr de moi et plus ‘’solide‘’ sur scène. En Belgique, on a plutôt tendance à critiquer l’échec et à en rire ; en Angleterre, c’est tout à fait différent, on sait qu’on va devoir rater 1.000 fois avant de pouvoir y arriver et l’échec est une part du processus d’apprentissage. De plus, une partie de l’équipe avec laquelle je travaille vient de cette école, d’anciens élèves et professeurs m’aident à développer mes chansons. C’est également là que j’ai découvert que je voulais écrire mes propres chansons avec mes propres idées et ne plus être uniquement interprète. Je garde un excellent souvenir de l’école et des guindailles… mais je ne peux pas tout expliquer, certaines choses doivent rester secrètes…

On t’a régulièrement vu aux Fêtes de la Musique mais aussi un peu partout dans la région ; en fait, on te sent fort attaché à ta Province, je me trompe ?

Tout à fait ! J’ai remarqué que, tout au long de mon apprentissage, les gens étaient étonnés qu’il y ait des musiciens de la province de Luxembourg, comme si on avait du mal à sortir de la forêt pour se faire entendre (rires). Je suis fier de mes racines et mon rêve est de m’exporter partout dans le monde en montrant que même si on vient d’un village de 16 maisons du fin fond de notre province, on est quand même capable de faire un travail de qualité si on réfléchit bien son projet et qu’on s’entoure des personnes qui nous complètent et nous permettent d’avancer.  Même en province de Luxembourg on a des choses à montrer!

Tu pars sur une île déserte et tu peux emmener 3 albums avec toi ; tu prends lesquels ?

« Divide » de Ed Sheeran : comme je l’ai dit, j’adore qu’un artiste utilise différentes influences dans un album. C’est mon album préféré, j’adore sa voix et ses textes, on passe du rire aux larmes, de la pop au rap en une chanson. On n’a pas le temps de s’ennuyer et j’adore ça.
« The wall » de Pink Floyd : c’est l’un des premiers concerts que j’ai pu voir (avec Rogers Waters ; pas le groupe entier) et j’ai été impressionné par cette recherche dans le son et l’univers, chaque chanson est une pièce de ce fameux mur qu’ils finissent par briser, tout est en lien, en continu. Je pense que je n’apprends rien à personne en disant que c’est un groupe qui dénonce et remet en question notre société et j’aime beaucoup ça ; les textes et les mélodies sont super puissants.
« Busyhead » de Noah Kahan : cet artiste me met les poils dès la première note, j’aime son univers touchant et fin. Il a beaucoup d’humour qu’il arrive à placer de manière intelligente dans ses textes, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Pour moi, la musique peut être très sérieuse tout en étant drôle.

Propos recueillis par Romuald Collard.
Photo : 2 la X Photographie - Audrey Delacroix