̶La̶m̶b̶e̶r̶t̶ lambert : l'interview

Publiée le : 01/02/2021

Après avoir mené sa barque en « capitaine » de groupes à multiples facettes, Samuel Lambert vire désormais de bord et s’enfuit en solo !  Musicalement, son nouveau projet, reste dans la chanson française intimiste à texte mais on sent néanmoins un artiste aujourd’hui doucement arrivé à maturité !  Rencontre…

Samuel, sur le site lampli.be, on présente ton projet comme « inclassable » ; « inclassable » jusque dans la manière d’écrire le nom du dit projet et l’un des deux « Lambert » barré…

Au niveau musical, je crois simplement que c’est parce que j’emprunte des choses à différents genres musicaux sans en être un véritable « prototype » (sans être un ovni pour la cause).  Par contre, la manière d’écrire le nom du projet relève plutôt de l’anecdote…  A la base, je comptais m’appeler « Lambert », tout simplement ; les premiers visuels étaient d’ailleurs conçus comme cela. En voulant créer ma page Facebook, je me suis rendu compte que ce nom banal était déjà pris ! J’ai donc cherché un autre nom, pas très longtemps comme tu peux le constater ! Je tenais par contre absolument à ce que mon nom de famille soit central : « Lambert », c’est simple et direct. En corrigeant les visuels, Jérôme Hubert m’a suggéré cette astuce graphique : « Comme tu voulais t’appeler d’abord Lambert mais que c’était déjà pris, tu as barré ce premier nom, pour y revenir quand même parce que c’était important pour toi, bla bla bla » … On avait conscience que la justification était fumeuse mais on s’en foutait :  visuellement, on était d’accord pour dire que ça nous plaisait !

Tes inspirations, où vas-tu les chercher ?  Si je cite des gens comme Da Silva ou Romain Humeau du groupe Eiffel, je suis proche ou pas ?

Proche, je ne sais pas… mais pas complètement à côté de la plaque en tous cas ! Ces deux artistes me semblent justement être, comme je le disais plus haut, de parfaits représentants de deux genres musicaux, ceux qu’on appelle « chanson française » et « rock français ». Il est clair que je navigue dans ces eaux mais sans m’y ancrer totalement, je crois. J’aime picorer (inconsciemment) un peu partout, que ce soit dans la chanson française, le hip hop, le rock, la musique électronique, ... Du coup, ces influences donnent quelque chose d’un peu hybride à mon projet.
Après, je crois qu’une autre constante dans ma musique, c’est aussi le côté minimaliste, certainement insufflé par des groupes comme Joy Division, Taxi Girl (ou Daniel Darc) ou Dominique A, à ses débuts.

On t’a connu en version groupe ; aujourd’hui, tu es en solo…  Donne-moi 2 avantages et 2 inconvénients de la formule solo ?

J’ai été un peu fatigué des concessions et autres compromis à faire constamment en groupe… et du temps perdu au travers de trop longues discussions.  C’est donc super chouette de se sentir efficace et de faire précisément ce que l’on veut, ce que l’on sent.
J’aime bien boire une bière seul, j’avoue, mais elle n’a, par contre, pas le même goût que celles partagées en répétitions ou en concert avec les amis (heureusement d’ailleurs!). Se « faire mousser », se projeter, se fixer des objectifs, y croire, ...c’est aussi génial de vivre çà en groupe. On rêve évidemment aussi tout seul mais on doute plus. On est moins envahi par cet enthousiasme collectif qui peut donner des ailes.
Je ne travaille cependant pas tout à fait seul. Je fais appel à Timothée Toussaint pour les drums, pour lesquels je me suis révélé très peu doué ! Puis, au niveau visuel, je travaille toujours avec la même personne, Jérôme Hubert, un talentueux ami de longue date. Je ne suis donc pas complètement seul, même si ce n’est évidemment pas la même chose qu’un groupe comme on a l’habitude de le concevoir.
Je réfléchis à la manière de présenter le projet sur scène. Je risque de ne pas être seul, plutôt à deux ou trois.

Comment se réinvente-t-on dans cette période ô combien difficile pour les artistes ?

2020 fut sans conteste une année de merde pour les artistes. Pour moi aussi, sur beaucoup de points (pas tous, heureusement!) mais pas au niveau artistique par contre. C’était plutôt pas mal. Les confinements, l’absence de sorties possibles et la diminution de mes contacts sociaux de manière générale m’ont libéré pas mal de temps pour travailler sur mon projet. Je peux au moins voir cela comme une chance, que j’ai saisie à fond !
Cela aurait été par contre beaucoup plus difficile à vivre si j’étais encore dans un projet « actif publiquement ». Les concerts en visio, je trouve ça absolument horrible. En tous cas, je crois que je n’aurais pris aucun plaisir à en faire.

Dernière chose : tu te vois où dans 5 ans ?

La réponse sera évidemment différente si elle relève du rêve ou de la raison.
Mes rêves au niveau musical ne me semblent cependant pas relever de l’impossible : jouer dans des lieux à l’écoute attentive d’un public et se réjouir de concerts à venir, voire de micro- tournées, être accompagné d’un booker qui me laisserait davantage de temps pour m’adonner à la musique en elle-même, sortir un album (soutenu par un label ?), … ce serait déjà super mais, avant 5 ans je l’espère 🙂
Après, je suis conscient du travail à accomplir pour y arriver et du petit truc que je n’arrive pas toujours à expliquer pour la réussite d’un projet : la part de chance, être là au bon endroit au bon moment… Mais tout ça, je tente de ne pas m’en soucier, de m’en foutre... L’objectif, c’est d’abord de se donner les moyens de bien faire les choses et de pouvoir saisir le plaisir que j’ai à le faire. Le reste, c’est bonus !

Propos recueillis par Romuald Collard.
Photo : Jérôme Hubert