ICI : l'interview

Publiée le : 02/02/2018

ICI naît aujourd'hui à la suite d’Elle & Samuel, de la volonté de faire évoluer une identité, une volonté de s’affirmer en tant que groupe. Son style Indie Rock s’affirme et devient plus rugueux, plus cru. Sombres mais aérées, les chansons d’ICI s’écoutent comme on écouterait une histoire racontée par quelqu’un d’habité. Rencontre !

ICI s’est fondé sur les cendres du duo Elle et Samuel ; On ajoute 2 membres et la dynamique est toute autre. Une nouvelle dynamique, c’était le but recherché ?

Plusieurs raisons nous ont poussés à changer de nom. La première est qu’ « Elle & Samuel » renvoie spontanément à un duo. Et s’il est vrai que le groupe est né de ma rencontre avec Cécile, nous ne nous sommes jamais présentés à deux en concert. Patrick a rapidement rejoint le projet et nous étions trois pour notre premier concert. On aime d’ailleurs dire qu’il faisait parfaitement le trait d’union entre moi et cette troisième personne du singulier… féminine. Musicalement, la pertinence de l’apport d’une tierce personne était indéniable et juste.

Après, au fur et à mesure du temps, le projet a, je crois, gagné en énergie. Une énergie latente qu’il était difficile de transmettre avec des boucles électroniques pré-enregistrées, trop figées. La question de l’apport d’un batteur n’a pas été longuement discutée.

Nos univers ne sont pas, d’un premier abord, évidemment rejoignables. Nous avons pourtant réussi, avec « Elle & Samuel », a créé un univers singulier sur base de personnalités différentes. Et …on voulait aussi continuer à faire çà : inclure une quatrième personne avec son univers à lui pour créer réellement un groupe, qui, délivre un message musical propre à la rencontre de 4 personnes. On a rencontré Jean-François et son univers plus rock/indé/math rock et çà a, assez directement collé. Nous sentons, en tous cas, une dynamique plus « vivante », « énergique », « live » qui correspond tout à fait au propos et à nos désirs.

Chanter en français a-t-il toujours été une évidence pour vous ?

Oui. Cette question ne s’est d’ailleurs jamais posée. Mes textes relatent principalement des sentiments que je vis, que je ressens… en français. Et la musique est une sorte de canal pour les exprimer. Pourquoi, dès lors, tenter de ne pas les exprimer comme je les ressens ?

Le fait de chanter en français n’est absolument pas une volonté de défendre quoi que ce soit ; c’est simplement une question de sincérité, voire…de fainéantise. Je n’ai absolument pas le courage de suivre des années de cours d’anglais pour améliorer cet accent que je n’ai jamais pu tenir.

Vous allez bientôt réaliser un nouveau clip vidéo ; l’image et le visuel sont toujours quelque chose d’important pour vous ?

L’image est en tous cas une super porte d’entrée pour rencontrer un univers musical qui n’est peut-être pas le plus directement accessible, compréhensible. Nous sommes loin de réinventer l’eau chaude mais notre genre de musique n’est peut-être pas de prime abord celui qui résonne dans la tête de tout un chacun. L’image est une sorte de « rampe de lancement », de tuyau, de complément pour rencontrer notre propos. Après, dans le clip qui va sortir, comme dans les vidéos précédentes, le propos reste diffus, apprivoisable par chacun, comme mes textes également, qui finalement, fonctionnent aussi comme des images, même s’ils partent d’un vécu concret.

Que peut-on vous souhaiter pour l’année 2018 ?

Simplement, un maximum de concerts et attirer la curiosité. Les live restent des aboutissements, les moments où nous prenons le plus de plaisir, ce pour quoi on répète toute les semaines, s'envoie 1.000 enregistrements pourris de répètes qu’on se plait à commenter à travers 1.001 discussions facebook.

Et, en tant que jeune groupe, ce n’est pas évident de gagner la confiance de programmateurs. On les comprend ceci dit : constituer une affiche de groupes que le grand public ne connaît pas est plutôt casse-gueule.
On se dit donc que le meilleur moyen est de gagner la confiance d’un booker tout d’abord et d’un label ensuite qui assurerait notre « promotion » et faciliterait le fait d’être programmé. « Se vendre soi-même », c’est un peu délicat. « Programme-nous mec, on est super en live », ca n’a pas trop de crédit !

Au fait, quelles étaient les autres propositions non retenues, pour le nouveau nom du groupe ?

Chouette question ! La meilleure pour nous laisser penser qu’on a fait un mauvais choix avec « Ici » (rires) !
On a évidemment réfléchi à la manière dont on voulait se présenter, à ce vers quoi renvoyaient nos propos. Et, par rapport à « Elle & Samuel », il y avait une intention beaucoup plus positive, réjouissante de l’instant présent, de l’ « Ici et maintenant », par rapport à la simplicité et à la sincérité du projet. On a donc « axé » notre réflexion vers ces quelques pistes.

« Ancrage » est un mot qui a pas mal résonné. Mais c’était nul comme nom de groupe ! « Ancre » est venu un moment mais bon… un peu trop « douce chanson française vaguement intello déjà vu ». Puis il y a eu « NU ». On trouvait çà cool, direct, énergique et renversable graphiquement ! Mais, on a quand même vite eu peur des éventuels « A poil ! » en concert, ou « tiens voilà les nuls… Et puis, on se demandait s’il n’y avait pas eu déjà justement « les nus »…

« Ici » est alors arrivé. On a tout de suite été convaincu par la justesse du nom, sa cohérence par rapport au projet. Niveau « com’ », on ne savait pas trop… mais commencer un concert par « Bonsoir, nous sommes « Ici » » marque assez bien les raisons de la formation du groupe…

Propos recueillis par Romuald Collard