Albert Blues Band : l'interview

Publiée le : 12/12/2017

20 ans déjà qu’Albert Pemmers et sa bande traînent leurs amplis sur tout ce que la Grande Région compte de scènes ! 20 d’une amitié sans faille entre le guitariste moustachu et le chanteur aux cheveux longs (Denis Richard) ! 20 ans qu’on nous dit que le rock est mort… et qu’eux prétendent le contraire ! 20 ans… ça valait bien une interview express… et croisée !

ABB vient de fêter ses 20 ans de carrière ; si vous deviez retenir un seul moment, (ou une seule image) de ces 20 ans, ce serait lequel (ou laquelle) ?

DR : Si tu m’obliges à n’en choisir qu’un, c’est très récent et ce sont nos 20 ans à l’Entrepôt. Quant à l’image, c’est quand on est montés sur scène et qu’on a vu ce public merveilleux et chaleureux.
AP : Pareil, l'accueil du très nombreux public et l’ambiance de folie !

En 20 ans de carrière, combien de fois vous est-il arrivé d’avoir envie de mettre un terme à l’aventure ? Entre 0 et 5, entre 5 et 10, plus de 10 ?

DR : Une seule fois et ça n’a duré que quelques heures !
AP : Aucune fois !

Le groupe international dont vous rêveriez tous de faire la première partie ?

DR : Difficile à résumer à un groupe/artiste. Pour ma part : King’s X ou Anouk avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger pas mal de mails. Ou, bizarrement, avant, Goldman ou Jean-Louis Aubert simplement pour parler musique avec eux. Ou Shakira... mais pour d’autres raisons !
AP : Lynyrd Skynyrd, Rival Sons ou Blackberry Smoke.

Une anecdote vraiment drôle qui vous soit arrivée en 20 ans ?

DR : peut-être la fois où Albert est sorti de scène pendant un concert à l’Entrepôt (avant transformations) pour aller uriner. La porte s’est refermée derrière lui… et il a du faire le tour pour rentrer par l’entrée principale après avoir expliqué au mec de la sécurité qu’il était le guitariste du groupe qui jouait !
AP : Lors d’une concentration de motos, une rampe était installée devant la scène… et le chapiteau étant ouvert des deux côtés, nous avons eu droit à de fréquents passages de motos pendant qu’on jouait. Je ne te parle même pas des arrêts devant nous et des pneus qui crissaient !

Tout le monde dit que « le rock est mort » ; donnez-moi une raison de croire que c’est faux ?

DR : beau sujet de dissertation ! Et c’est à cet instant précis que tu vas regretter de m’avoir posé cette question ! Si l’on parle d’un point de vue purement musical en se limitant à la notion d’énergie et d’instruments électriques, le rock n’est pas mort. Il suffit de voir ce qui sort tous les jours dans les différents styles musicaux ; ça donne carrément le vertige ! Par contre, si on considère le rock comme synonyme de contestation et de remise en cause du système, comme c’était le cas dans les années 50, 60, au début des 70’s ou lors de la période punk (76, 77), on s’en éloigne de plus en plus. Le rock, à ses débuts, était aussi synonyme de conflit des générations : ce n’était pas la musique que nos parents écoutaient. Maintenant, les parents refilent leurs vinyles à leurs enfants, leur paient des instruments, les poussent à faire de la musique, sont leurs 1ers fans et les prennent avec aux concerts auxquels ils assistent. Attention : je ne fais que constater parce que je suis très heureux de ce partage avec mes filles ! Donc le rock n’est pas mort mais s’est institutionnalisé, devenant un instrument commercial de 1er plan d’un point de vue social… Ce qui n’empêche qu’un bon riff de guitare me fera toujours autant plaisir. « 18 ‘til I die » et « Hope I die before I get old » ! Mais ça n’arrivera jamais puisque jouer, chanter et écouter du rock nous rend éternellement jeunes ! Amen !

AP : Le rock n’est pas mort ! Il suffit de voir la fréquentation des salles de concerts et le nombre sans cesse croissant de nouveaux groupes ! Le gros bémol étant cependant les radios « vendues » à une certaine musique et de mèche avec les maisons de disques qui, de ce fait, ignorent le rock !

Propos recueillis par Romuald Collard.